Recyclage plastique en entreprise : solutions efficaces en Suisse

Le plastique fait partie du quotidien de nombreuses entreprises suisses. Bouteilles en PET, films d’emballage, barquettes, bidons, protections logistiques et gobelets s’accumulent vite. Pourtant, ces objets ne suivent pas tous la même filière. Une bouteille en PET ne se trie pas comme un film souple, un emballage alimentaire sale ou une pièce en PVC.

Pour obtenir de vrais résultats, une société doit donc aller plus loin que la simple installation d’une poubelle marquée « plastique ». Elle doit identifier ses déchets, choisir les bonnes filières et rendre le geste de tri évident pour chaque collaborateur.

Toute organisation qui souhaite structurer cette démarche peut consulter le guide de REACTIS consacré aux solutions efficaces de recyclage plastique en entreprise en Suisse. Elle y trouvera une base claire pour choisir ses équipements, organiser ses flux et améliorer le tri dans ses locaux.

Pourquoi le recyclage du plastique reste un défi en Suisse ?

Recyclage plastique en entreprise : solutions efficaces en Suisse

La Suisse utilise environ un million de tonnes de matières plastiques par an, soit près de 120 kilos par habitant selon les données de référence de l’Office fédéral de l’environnement. Environ 790’000 tonnes deviennent des déchets chaque année.

L’incinération produit de la chaleur ou de l’électricité, mais elle détruit la matière. Le recyclage conserve une partie de sa valeur. Il permet de transformer certains déchets en granulés ou en matière secondaire, qui peuvent ensuite servir à fabriquer de nouveaux produits.

Le meilleur déchet reste toutefois celui qui n’est pas produit. Une politique efficace suit donc un ordre simple :

  1. Réduire les emballages inutiles ;
  2. Réutiliser les objets lorsque cela reste possible ;
  3. Trier les matières recyclables ;
  4. Valoriser les déchets qui ne peuvent pas être recyclés ;
  5. Éliminer uniquement ce qui ne dispose d’aucune autre filière.

Quels plastiques une entreprise peut-elle recycler ?

Le mot « plastique » regroupe plusieurs familles de matériaux. Leur apparence peut être proche, mais leur composition et leur traitement diffèrent.

Les bouteilles à boissons en PET

Les bouteilles à boissons en PET disposent d’une filière bien établie en Suisse. Elles doivent être vidées, écrasées puis fermées avec leur bouchon. Les bouteilles d’huile, de vinaigre, de shampoing ou de produit ménager ne doivent pas être mélangées avec elles.

En 2024, 46’453 tonnes de bouteilles à boissons en PET ont été collectées séparément en Suisse. Cette collecte aurait évité environ 143’071 tonnes d’équivalent CO₂, selon les chiffres publiés dans le rapport d’activité 2025 de Swiss Recycle. 

Les flacons et bouteilles en plastique

Les bouteilles de lait, de lessive, de shampoing ou de produits d’entretien peuvent être acceptées dans certaines collectes dédiées. Leur filière doit être confirmée avec le prestataire local.

Ces emballages sont généralement plus faciles à trier que les objets composés de plusieurs matériaux. Ils doivent être vidés afin de ne pas salir le reste de la collecte.

Les emballages plastiques mélangés

Les pots, barquettes, sachets et films peuvent parfois être collectés dans un sac spécifique. Depuis janvier 2025, une collecte nationale harmonisée des emballages plastiques et briques à boissons se développe en Suisse avec le RecyBag. Les matières acceptées dépendent toutefois du système utilisé et des solutions disponibles dans la commune ou le canton.

Les films industriels

Les entreprises actives dans la logistique, le commerce ou l’industrie produisent souvent de grandes quantités de films en polyéthylène. Lorsqu’ils restent propres et séparés, ces films présentent un bon potentiel de recyclage.

Un film propre n’a pas la même valeur qu’un mélange contenant des étiquettes, du ruban adhésif, du carton et des restes alimentaires. La qualité du tri influence directement la qualité de la matière récupérée.

Les plastiques techniques

Les pièces en PVC, polystyrène, polycarbonate ou plastique renforcé demandent des filières spécialisées. Une entreprise industrielle doit les classer selon leur composition et leur niveau de contamination.

Un prestataire peut analyser les volumes, vérifier les débouchés et proposer une collecte séparée lorsque les quantités sont suffisantes.

Chiffres clés du recyclage en Suisse

Le recyclage suisse atteint de bons résultats pour plusieurs matières. Le plastique reste cependant l’un des flux les plus complexes.

Indicateur Donnée récente Ce que cela signifie pour une entreprise
Matières plastiques utilisées en Suisse Environ 1 million de tonnes par an La réduction à la source conserve un fort potentiel
Déchets plastiques produits Environ 790’000 tonnes par an Les volumes demandent plusieurs filières de traitement
Valorisation énergétique des plastiques Environ 83 % Une grande partie de la matière reste incinérée
Matériaux collectés séparément en Suisse en 2024 3,1 millions de tonnes Le tri sélectif dispose déjà d’une base solide
Bouteilles PET collectées en 2024 46’453 tonnes Le PET bénéficie d’une filière mature
Points de collecte PET en 2024 72’719 Le réseau facilite aussi la collecte en entreprise
Recyclage de l’ensemble des déchets suisses Environ 70 % Ce taux regroupe plusieurs matières, pas seulement le plastique
Part de matières secondaires dans la consommation 14 % en 2019 La demande de matières recyclées peut encore progresser

Swiss Recycle indique que 3,1 millions de tonnes de matériaux ont fait l’objet d’une collecte sélective en 2024. Cela représente environ 50 paniers de courses de matières valorisables par personne. 

De son côté, l’OFEV estime que près de 70 % des déchets suisses sont recyclés. La part de matières premières secondaires dans la consommation totale restait toutefois limitée à 14 % en 2019. Un taux élevé de collecte ne signifie donc pas que tous les matériaux reviennent dans de nouveaux produits. 

Comment mettre en place un recyclage plastique efficace

Réaliser un audit des déchets

Une entreprise doit commencer par observer ce qui se trouve réellement dans ses poubelles. L’audit peut durer une semaine ou couvrir plusieurs périodes si l’activité varie selon les saisons.

Il répond à plusieurs questions :

  • Quels types de plastiques sont produits ?
  • Dans quels locaux apparaissent-ils ?
  • Quels volumes sont générés chaque semaine ?
  • Quels déchets sont propres ou contaminés ?
  • Quels emballages pourraient être supprimés ?
  • Quelles matières disposent déjà d’une filière locale ?

Une société qui produit surtout des bouteilles PET n’a pas les mêmes besoins qu’un restaurant, une usine ou un centre logistique. L’équipement doit suivre les flux réels.

Séparer les déchets au lieu de tout mélanger

Une poubelle générale « plastiques » peut créer plus d’erreurs qu’elle n’en résout. Lorsque le contenu associe PET, films, gobelets sales et emballages multicouches, le tri devient coûteux. Une partie du sac risque alors de finir dans la valorisation énergétique.

Un système plus précis peut prévoir :

  • Un compartiment pour les bouteilles PET ;
  • Un autre pour les flacons acceptés ;
  • Une collecte pour les emballages plastiques mélangés ;
  • Un contenant séparé pour les films propres ;
  • Une poubelle résiduelle pour les éléments non recyclables.

Le nombre de flux doit rester adapté aux locaux. Trop de catégories découragent les équipes. Trop peu de catégories augmentent les erreurs.

Installer les points de tri au bon endroit

La distance influence fortement le comportement. Lorsqu’un collaborateur doit traverser un étage pour déposer une bouteille, le déchet finit souvent dans la poubelle la plus proche.

Les stations doivent être placées là où les déchets apparaissent :

  • Près des machines à café ;
  • Dans les cafétérias ;
  • Dans les zones de réception ;
  • À côté des imprimantes ;
  • Dans les espaces de pause ;
  • Près des lignes de production ;
  • Dans les zones de déballage et d’expédition.

Utiliser une signalétique très simple

Une bonne signalétique montre le déchet attendu. Elle évite les textes longs et les consignes vagues.

Chaque ouverture peut présenter :

  • Un nom court ;
  • Une couleur cohérente ;
  • Une photo ou un pictogramme ;
  • Deux ou trois exemples acceptés ;
  • Un exemple de déchet refusé.

Le message « bouteilles à boissons en PET » fonctionne mieux que « plastique ». Il réduit le doute au moment du geste.

Adapter les ouvertures des poubelles

La forme de l’ouverture peut guider l’utilisateur. Une ouverture ronde invite au dépôt d’une bouteille. Une fente convient au papier. Une grande ouverture reçoit les déchets résiduels.

Ce détail limite les erreurs sans demander un effort supplémentaire. Il rend le système plus intuitif, surtout dans les lieux fréquentés par des visiteurs.

Former les équipes avec des exemples réels

Une formation n’a pas besoin de durer une heure. Une présentation de dix minutes, basée sur les déchets du site, peut suffire.

La personne responsable peut montrer :

  • Où chaque matière doit être déposée ;
  • Pourquoi un emballage sale pose problème ;
  • Ce que devient le plastique après la collecte ;
  • Quelles erreurs reviennent le plus souvent ;
  • À qui adresser une question.

Une courte communication répétée produit souvent plus d’effet qu’une campagne unique. Les nouveaux collaborateurs doivent aussi recevoir les consignes lors de leur arrivée.

Comment réduire les erreurs de tri

Les erreurs proviennent rarement d’un manque de bonne volonté. Elles apparaissent lorsque le système manque de clarté.

Une entreprise peut suivre une méthode simple :

  1. Observer le contenu des bacs ;
  2. Photographier les erreurs fréquentes ;
  3. Modifier la signalétique ;
  4. Déplacer un point de collecte si nécessaire ;
  5. Rappeler les consignes aux équipes ;
  6. Contrôler de nouveau après quelques semaines.

Une station remplie de gobelets dans le bac PET indique, par exemple, que le mot « plastique » crée une confusion. La correction doit porter sur le système, pas seulement sur le comportement des utilisateurs.

Réduire le plastique avant de le recycler

Le recyclage ne corrige pas tous les effets du plastique. La collecte, le transport, le lavage et la transformation utilisent de l’énergie. Certaines matières perdent aussi une partie de leurs propriétés au fil des cycles.

Une société peut obtenir de meilleurs résultats en travaillant avec ses fournisseurs. Elle peut demander :

  • Des livraisons en grands contenants ;
  • Des emballages réutilisables ;
  • Moins de films autour des palettes ;
  • Des caisses consignées ;
  • Des produits rechargeables ;
  • Des emballages composés d’une seule matière ;
  • La reprise des protections après livraison.

Les achats ont ici un rôle majeur. Un emballage mal conçu devient un problème pour l’équipe chargée des déchets. Un cahier des charges peut intégrer des critères de réduction, de réemploi et de recyclabilité.

Mesurer les résultats obtenus

Sans mesure, une entreprise ne sait pas si son dispositif fonctionne. Quelques indicateurs simples suffisent pour suivre les progrès :

  • Kilos de plastique collectés par mois ;
  • Part de déchets refusés par le prestataire ;
  • Volume de déchets résiduels ;
  • Coût de collecte par flux ;
  • Nombre de points de tri installés ;
  • Taux de participation des collaborateurs ;
  • Baisse des achats de produits jetables.

Les résultats peuvent apparaître dans le rapport RSE ou le bilan environnemental. Ils doivent rester précis. Une société ne devrait pas annoncer que tout son plastique est recyclé si elle ne dispose pas de justificatifs sur les filières finales.

Une communication crédible distingue toujours la collecte, le tri, le recyclage matière et la valorisation énergétique.

Quel équipement choisir pour chaque environnement ?

Pour les bureaux

Les bureaux ont surtout besoin de stations compactes pour le PET, le papier, l’aluminium et les déchets résiduels. La suppression des petites corbeilles individuelles peut regrouper les flux et améliorer la qualité du tri.

Pour les restaurants et cafétérias

Les zones de restauration demandent des contenants faciles à nettoyer. Les emballages doivent être vidés. Les biodéchets doivent rester séparés des plastiques afin d’éviter les souillures.

Pour les commerces

Un commerce peut produire des films, des cintres, des emballages de livraison et des bouteilles. Les flux destinés aux collaborateurs doivent être séparés de ceux accessibles aux clients.

Pour les sites industriels

Un site industriel gagne à trier les plastiques techniques par résine, couleur et niveau de propreté. Des volumes homogènes peuvent présenter une valeur matière supérieure à celle d’un mélange.

Pour les espaces publics et collectivités

La robustesse, la lisibilité et la fréquence de vidage deviennent prioritaires. Les équipements doivent supporter une utilisation intensive. 

 

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